Écrits tardifs

 

 

Le Café Social Belleville et le Café Social Dejean se sont lancés dans une nouvelle aventure, en partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France (qui bénéficie d'un financement FEI) et les Ateliers Elisabeth Bing.

 

Des groupes de vieux migrants ont été rassemblés pour… écrire.

 

Inviter ces vieux migrants à parler de leurs parcours migratoires, réveiller les mémoires, revisiter des souvenirs

et surtout leur permettre de laisser des traces : tels sont les objectifs de ces ateliers d'écriture.

 

 

J’écris pour agir, disait Voltaire.         (Cliquer pour Lire la suite...)

 

Depuis septembre dernier, des vieux migrants se livrent à l’exercice combien difficile et risqué d’écrire pour se raconter et surtout accéder à ce qui leur semblait, jusque-là, inaccessible, contre-nature. Pourtant, leur bonheur et leur excitation sont palpables. Comme des écoliers, le jour de la rentrée des classes. La même fébrilité et probablement les mêmes angoisses. Certains ne sont jamais rentrés dans une école, n'ont pas franchi le seuil d’une salle de classe.

 

Plume en main, ils partent à l’assaut des mots pour les traquer, les dessiner, les graver sur la page blanche, avec application et ténacité. Il faut remonter loin dans la mémoire pour réveiller des souvenirs enfouis.

“Ce que j’aime ? Mais j’aime tout, tout est bien, ici“. La discrétion est la règle. Surtout ne pas se plaindre des mots blessants qui leur ont été lancés, des injures proférées.  Ne pas se plaindre aussi de leurs conditions de vie et de travail, de l'isolement. Ne pas se plaindre, car l’émigration a été pour eux une chance.

 

Il n'y a pas d'amertume ni d'aigreur dans leurs propos. Tout juste un constat commun : “ La France a changé, mais  le pays aussi“. Une manière pudique de décrire une posture de dupes : ici, en France, ils n’ont pas tout à fait leur place, de l’autre côté, chez eux, ils l’ont probablement perdue. Des repères ici, des attaches et des liens là-bas. Ils ont besoin des deux à la fois.

Les participants à l’aventure d’écrire ont livré des récits sensibles. Ceux qui ont été un temps à l’école ont pu renouer avec le plaisir de la plume et ainsi ressentir de la fierté d’avoir réussi l’exercice, retrouvant du même coup l’appétit de l’écriture. On ne pouvait plus, pour ainsi dire, les arrêter.

 

Il y a  ceux qui, jamais scolarisés, ont été également invités à se raconter. Leurs récits ont été comme des confidences qui procurent du soulagement. Pour des raisons que la pudeur recommande, leurs propos sont un lissage méticuleux des aspérités d’une vie que l’on imagine agitée.

 

Les participants ont réussi ce pari difficile. Ils écrivent pour agir. Respect.

 

...ici bientôt diaporama photos des participants à l'atelier...

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Commentaires : 1
  • #1

    Troadec (jeudi, 12 mars 2015 09:46)

    Bonjour.
    Je suis animatrice sociolinguistique à Chelles(77)
    Je viens de voir sur la revue de la BNF, le travail fait en écriture avec les migrants qui fréquentent le café social.
    Y a t il la possibilité de se procurer un exemplaire?
    Merci.
    Cordialement.
    Véronique TROADEC.